« Émile a été tué. L'enfant n'est peut-être pas mort immédiatement après le choc qu'il a reçu. Un choc si brutal que la gifle ou le coup de poing d'un homme sont inenvisageables selon le rapport d'expertise. Si un coup a été porté, c'est avec un objet. La chute accidentelle d'Émile apparaît impossible, mais pas la collision avec un moyen de locomotion. Le point d'impact sur le zygomatique droit du garçon est resserré, excluant la percussion d'un pare-chocs, mais pas celle d'une boule d'attelage, d'une remorque, d'une pédale ou d'un guidon. La ruade d'un cheval est éventuelle sans être prioritaire. Le corps de l'enfant a été entreposé après son décès dans un endroit abrité. La première escouade d'insectes mortuaires formée sur sa dépouille semble incomplète. Une hypothèse scientifique avance jusqu'à quatre biotopes différents : le lieu de disparition, celui de la mort, l'endroit où le corps a été stocké et le chemin où le crâne sera retrouvé. Des traces de fiente d'un mammifère et des résidus d'insectes ont été décelés sur les os d'Émile. Comme ces infimes particules de polypropylène isolées, ces preuves de vie animale peuvent s'avérer déterminantes.

Sur le crâne d'Émile, les morsures dévoilées dans un premier temps sont mises en doute par le Pr Christophe Bou. Cet odontologue et anthropologue bordelais a juxtaposé toutes les mâchoires d'animaux sauvages possibles et rien ne coïncide. Sa théorie pour justifier ces marques renforce la possible action d'un homme dans la mort d'Émile. Le Pr Bou a obtenu des avancées capitales en étudiant les ossements du petit garçon, soit le crâne sans la mandibule, un fragment d'os de tibia, un tee-shirt, un boxer et des chaussures sans lacets. Le squelette et les autres vêtements sont introuvables. Parmi les nombreuses traces ADN isolées par le Pr Christian Doutremepuich, la majorité étaient des traces de contamination. Une déception pour plusieurs protagonistes du dossier, qui déplorent l'action des gendarmes et de l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) au moment de manipuler le crâne et les vêtements de l'enfant. Toujours au sujet des ADN, ceux de la famille seraient absents des vêtements du garçon, étayant ainsi la thèse que le tee-shirt a pu être nettoyé après la mort d'Émile. »