Le maire comme ses conseillers municipaux et le public nombreux n'en reviennent toujours pas. Anne Vedovini, la grand-mère du petit Émile, a assisté au conseil municipal dans la commune du Vernet (Alpes-de-Haute-Provence) ce mardi soir. La résidente secondaire s'est même exprimée à la fin de la séance lors des questions du public. "Personne ne pouvait la manquer. Elle était au premier rang. Et c'est la première fois qu'on la voyait ici", confirme un conseiller municipal ce mercredi matin.
Après des discussions houleuses portant sur le règlement de la commune ou la baisse d'une subvention à la société de chasse, Anne Vedovini a mis sur la table un sujet clivant : l'installation de caméras de surveillance dans la commune. "Ce point divise clairement le village. La moitié est "pour" et l'autre moitié est "contre"", souligne une villageoise présente au conseil municipal. Rapidement, le ton est monté et la discussion est devenue vive. Il faut dire que la séance a attiré du public : une quarantaine de personnes dans l'assistance pour suivre les débats. La vidéo-surveillance est une promesse de campagne faite par le maire, Gilles Thézan. "Nous aimerions en installer une ou deux aux entrées de la commune pour savoir qui entre et qui sort du Vernet", justifie l'édile. Son prédécesseur, François Balique, aujourd'hui conseiller municipal d'opposition, y est farouchement opposé, afin de "préserver la vie privée de chacun". Un soutien de l'ancien maire, habitant du hameau du Haut-Vernet, va dans ce sens. "Ici, ce n'est pas Marseille. Je suis opposé à ces caméras. Si nous venions à subir des actes de délinquance, pourquoi pas. Mais ce n'est pas du tout le cas". Anne Vedovini n'est pas de cet avis. "Avec tout ce qui s'est passé dans la commune ces dernières années, cet outil est plus que nécessaire", s'est exprimée la grand-mère d'Émile après avoir exigé le silence avec autorité. Une allusion à peine voilée à la mort mystérieuse de son petit-fils le 8 juillet 2023. "Quand elle a abordé ce point, tout le monde a été très à l'écoute", reconnaît un élu de la commune.
Si le sujet des caméras cristallise, la présence d'Anne Vedovini laisse aussi un goût amer chez certains. "Elle n'est jamais venue et là, on la voit deux fois dans la semaine. D'abord pour la procession, puis pour le conseil municipal. On sent comme de la provocation. Une envie de dire aux habitants : "vous me pensez coupable de la mort d'Émile et bien moi je vais relever la tête et vous regarder droit dans les yeux"", analyse un vieux vernetois. Placée en garde à vue, comme son époux et deux de ses enfants, le 25 mars 2025 dans le cadre de la disparition de son petit-fils, Anne Vedovini a été libérée sans aucune poursuites judiciaires. Depuis, elle clame son innocence et espère retourner au Vernet comme avant le drame. "Maintenant que ses enfants sont plus grands, il est possible qu'elle s'implique plus dans la vie locale. La famille vient depuis 25 ans et elle est chez elle comme les autres familles", rappelle une proche des grands-parents d'Émile, habitante de la commune.
Valentin Doyen
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